Discussions of the Month

La transmission est et restera le coeur de l'esprit de notre cabinet de conseil, tant d'un point de vue humain que professionnel. Nous sommes fiers de pouvoir nous appuyer sur un réseau d'alumni aux parcours aussi riches qu'inspirants. Les 'Discussions of the Month' s'inscrivent ainsi dans ces valeurs de transmission intergénérationnelle et nous sommes heureux de pouvoir vous le partager avec vous.

Maxime Fonsale (bureau 2018) et Ferdinand Terme (bureau 2016) étaient tous deux présidents lors de leur mandat à ESSEC Solutions Entreprises.

Après leur expérience en tant que chefs de projet au sein du cabinet de conseil, ils ont eu deux parcours assez distincts avant que leurs chemins ne se croisent à nouveau chez Alma, une fintech en solutions de paiement, qu’ils ont rejoint il y a presque 2 ans.

Pour commencer, quel a été votre parcours depuis ESE ?

Ferdinand : Après mon expérience à ESE, j’ai réalisé deux stages de 6 mois. Un premier en tant qu’analyste VC chez Eurazeo, puis un deuxième chez Haussmann Africa, une start-up dans l’immobilier en Afrique qui m’a permis d’acquérir une première expérience internationale à Nairobi dans un rôle auprès du CEO. J’ai ensuite travaillé 2 ans en tant que consultant chez McKinsey à Casablanca. Aujourd’hui, je travaille chez Alma sur les relais de croissance : développement à l’international, lancement de l’offre B2B etc. Il s’agit à chaque fois de comprendre le marché et d’identifier les bonnes cibles pour rapidement trouver des clients et croître.

Maxime : ESE a révélé chez moi des aspirations entrepreneuriales. C’est pourquoi j’ai d’abord réalisé un premier stage de 6 mois en VC chez Eurazeo, puis un stage chez Jumia, l’équivalent d’Amazon en Afrique. Lors de mes dernières années à l’ESSEC, j’ai co-fondé App Fuel, un produit à destinations des entrepreneurs et développeurs d’applications mobiles. C’est par cet intermédiaire que j’ai pu découvrir le métier de Product Manager. J’ai alors rejoint Alma et occupé ce poste pendant plus d’un an, travaillant notamment avec Ferdinand sur notre offre B2B. J’ai récemment changé de rôle pour travailler sur l’organisation et la stratégie de notre pôle produit et ingénierie en tant que Chief of Staff.

Alma, une fintech en expansion

Alma, c'est quoi ?

Ferdinand : Alma est une start-up créée il y a 4 ans qui a pour objectif de remettre la finance au service des commerçants. Concrètement, elle propose à des commerçants d’adopter des solutions de paiement comme le paiement différé ou fractionné. La start-up compte plus de 300 employés et s’est lancée en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Qu’est ce qui explique l’essor de la fintech ?

Maxime : D’abord, elle répond à un véritable besoin. Les géants du retail bénéficiaient pour la plupart d’une solution de financement proposée par les acteurs historiques du secteur comme Cetelem ou Sofinco. Cependant, les commerces de plus petite taille, en ligne ou physiques, n’avaient pas accès à des solutions de financement facile à intégrer et à utiliser pour leurs clients.

Ensuite, son essor s’explique par les nombreux avantages qu’elle a su développer : la simplicité et la facilité d’intégration de ses produits, un fort impact sur le panier moyen et le chiffre d’affaires permis par la solution, une très bonne relation client, etc.

Enfin, Alma se démarque également des autres solutions BNPL (By Now Pay Later) par son business model et son approche aux consommateurs. Alma ne facturant pas de pénalités de retard, nos intérêts sont alignés avec ceux de nos utilisateurs.

Quels ont été les faits marquants dans l’essor de la fintech (levées de fonds...) ?

Ferdinand : Je dirais qu’il y a eu 3 faits majeurs récents pour Alma :

> Octobre 2021 : une nouvelle application est sortie permettant aux consommateurs d’utiliser plus facilement et plus largement les solutions de paiement proposées par Alma
> Novembre 2021 : Alma s’internationalise en se lançant notamment en Espagne, en Italie et en Allemagne
> Janvier 2022 : Alma réalise une levée de fonds en série C comprenant 110 millions en equity et 110 millions de dette afin de soutenir ces nouvelles perspectives

À quels challenges Alma doit-elle faire face ?

Maxime : Il y a 3 grands défis auxquels Alma fait face :

> En interne, l’effectif de la start-up a été multiplié par 7 et est en constante augmentation. Le recrutement est donc un enjeu crucial, tout comme l’onboarding qui conditionne en partie la réussite de la start-up

> Le développement du business à l’international est également exigeant du fait du rapport différent au financement qu’il peut y avoir dans les nouveaux marchés visés ainsi que des différences de consommation

> Enfin, un de nos coeurs de métier réside dans la gestion du risque. Les récentes évolutions du contexte économique et financier impliquent d’être encore meilleurs sur cette dimension pour continuer à croitre sereinement.

Buy Now Pay Later (BNPL) et tendances du commerce et du paiement

Comment appréhender les enjeux liés à la dette avec le BNPL ?

Maxime : Alma a un rapport arrangeant avec les dettes des consommateurs : nous cherchons toujours une solution à l’amiable dans notre recouvrement et nous n’appliquons pas de pénalité de retard. L’objectif est donc de ne prêter qu’aux acheteurs de confiance ce qui exige une prudence et une bonne évaluation des capacités de remboursement des clients.

Les déboires de Klarna (suppression de 10% de ses effectifs) doivent-ils inquiéter ?

Ferdinand : Ces signaux ne sont pas pris à la légère mais ils ne sont pas pour autant une source d’inquiétude. Le contexte conjoncturel est exigeant mais peut avoir un impact plutôt positif dans le sens où il nous force à miser sur une croissance aux fondamentaux solides et donc à bien mesurer chaque investissement que nous faisons.

ESE dans tout ça ?

Qu'est-ce que votre expérience à ESE vous a apporté ?

Ferdinand : Mon expérience à ESE a été réellement fondatrice pour mes débuts professionnels. Elle m’a apporté une maturité et une autonomie professionnelle que j’ai perçues comme une avance qui m’a servie jusqu’à 3 ans après ma remise de diplôme.

Maxime : En plus de ce qu’a souligné Ferdinand, je dirais que notre expérience à ESE nous a forgé un sens de la responsabilité très prononcé et nous a permis d’arriver directement dans le monde professionnel avec des qualités relationnelles avec les clients très recherchées.
C’était aussi pour moi une première expérience d’entrepreneuriat. ESE nous a permis de faire la transition entre un état d’esprit de « bon élève » vers une conscience professionnelle dictée par le « better done than perfect » qui impose le respect des deadlines et la recherche de l’efficacité.

Est-ce que vous avez une anecdote à nous partager sur votre mandat à ESE ?

Ferdinand : Je me rappelle particulièrement d’une proposition d’intervention que nous avions défendue lors d’une réunion avec le commanditaire. Nous étions en concurrence avec d’autres structures (notamment d’écoles dont le commanditaire était un ancien élève) mais nous avions osé challenger le commanditaire sur le planning qu’il avait estimé en nous appuyant sur notre expérience. Cela a été bénéfique puisque nous avons réalisé la mission avec succès et cela a participé à créer une relation de confiance entre le commanditaire et les chefs de projet. Cette expérience nous a appris à oser challenger, remettre en question ce qui nous fait douter, et être honnêtes avec les clients.

Maxime : Lors d’une mission, nous avions fait face à un échec quant à une récolte de données. Cela nous a appris à prendre nos responsabilités, à sentir quand les choses vont mal et à nous adapter. En l’occurrence, nous avions revu notre méthodologie ce qui nous a permis de repartir sur de bonnes bases afin de mener à bien l’étude.

Quels conseils donneriez-vous aux futures générations ?

Ferdinand : Lors de son mandat à ESE, comme dans la vie professionnelle, il ne faut pas s’empêcher d’innover, il ne faut pas s’empêcher d’oser. Il est important de tenter de nouvelles choses, de développer de nouvelles compétences, et de ne pas oublier de tirer profit de tout ce que peut nous apprendre notre expérience à ESE.

Maxime : Je conseillerais de se poser un maximum de questions pendant ses études, notamment pour éviter des premiers choix de carrière qui pourraient vous décevoir ou ne pas vous correspondre. Sans avoir fait un choix de carrière très alternatif puisque je travaille dans une startup, j’ai pu trouver ma voie en osant contacter des professionnels, en demandant des conseils et des retours d’expérience. C’est quelque chose qui a énormément de valeur à mon sens, notamment en début de carrière.

Nous remercions nos alumni pour ces moments d’échange privilégié